Qualité de l'air intérieur : les obligations – Optim Energie

Réglementation · Génie climatique

Qualité de l'air intérieur : ce que la surveillance impose

Depuis le 1er janvier 2023, la surveillance de la qualité de l'air intérieur repose sur quatre volets, dont une évaluation annuelle des moyens d'aération avec mesure du CO2. Quels établissements sont concernés, et ce que cela change pour l'exploitation de la ventilation.

Faire évaluer vos moyens d'aération

L'essentiel a retenir

  • Le dispositif de surveillance renforcé s'applique depuis le 1er janvier 2023, en application du décret n° 2022-1690 du 27 décembre 2022.
  • Il vise six catégories d'établissements listées à l'article R221-30 du code de l'environnement, dont les crèches, les accueils de loisirs et les écoles. Un immeuble de bureaux n'entre pas dans ce cadre.
  • La surveillance comporte quatre volets : évaluation annuelle des moyens d'aération, autodiagnostic tous les quatre ans au moins, campagne de mesures aux étapes clés, et plan d'actions.
  • L'évaluation annuelle inclut une mesure à lecture directe de la concentration en dioxyde de carbone de l'air intérieur.
  • La première évaluation annuelle des moyens d'aération devait être réalisée au plus tard en 2024.

La surveillance de la qualité de l'air intérieur a changé de nature au 1er janvier 2023 : elle ne se résume plus à une campagne de mesures ponctuelle, elle devient un cycle annuel adossé aux moyens d'aération du bâtiment. Pour un responsable technique, cela déplace le sujet du laboratoire vers l'exploitation, et met la ventilation au centre. Cet article précise quels établissements sont concernés, ce que recouvrent les quatre volets de la surveillance, et ce que cela implique concrètement pour les installations.

Quels établissements sont concernés

L'article R221-30 du code de l'environnement énumère six catégories d'établissements, publics comme privés. Ce périmètre est plus restreint que l'ensemble des établissements recevant du public, et la précision compte : un immeuble de bureaux n'entre pas dans ce cadre au titre de ce décret.

Depuis le 1er janvier 2023

Accueil de jeunes enfants

Les établissements d'accueil collectif d'enfants de moins de six ans.

Depuis le 1er janvier 2023

Accueils de loisirs

Les structures d'accueil de loisirs, quel que soit leur statut.

Depuis le 1er janvier 2023

Enseignement et formation

Les établissements d'enseignement ou de formation professionnelle du premier et du second degré.

À partir du 1er janvier 2025

Trois catégories suivantes

Les structures sociales et médico-sociales rattachées aux établissements de santé mentale, les établissements relevant de l'article L312-1 du code de l'action sociale et des familles, et les établissements pour mineurs relevant de la justice pénale.

L'obligation pèse sur le propriétaire ou, si une convention le prévoit, sur l'exploitant. Ce n'est pas une responsabilité partagée par défaut : sans convention, elle reste au propriétaire.

Pour un gestionnaire de patrimoine mixte, la conséquence pratique est qu'il faut isoler les sites concernés plutôt que d'appliquer un traitement uniforme. Une école ou une crèche intégrée à un ensemble plus vaste relève du dispositif pour ce qui la concerne, quand les surfaces voisines n'en relèvent pas.

La surveillance ne se joue plus au moment de la mesure, elle se joue toute l'année dans l'exploitation de la ventilation.

Les quatre volets de la surveillance de la qualité de l'air intérieur

La surveillance repose sur quatre volets complémentaires, définis par le décret n° 2022-1690 du 27 décembre 2022, entré en vigueur le 1er janvier 2023. Aucun ne remplace les autres : c'est leur articulation qui constitue le dispositif.

Volet 1

Évaluation annuelle des moyens d'aération

Chaque année, avec notamment une mesure à lecture directe de la concentration en dioxyde de carbone de l'air intérieur.

Volet 2

Autodiagnostic

Réalisé au moins tous les quatre ans, il porte sur la qualité de l'air intérieur de l'établissement.

Volet 3

Campagne de mesures

Des polluants réglementés, réalisée à chaque étape clé de la vie du bâtiment pouvant impacter la qualité de l'air.

Volet 4

Plan d'actions

Il prend en compte les trois volets précédents, est réalisé dans les quatre ans et actualisé selon les besoins.

La logique d'ensemble mérite d'être relevée : le texte fait de la mesure un point de départ, pas une fin. Le plan d'actions est le seul volet qui produise un effet sur l'air respiré, les trois autres l'alimentent.

L'évaluation annuelle des moyens d'aération et la mesure du CO2

L'évaluation annuelle des moyens d'aération est le volet qui revient le plus souvent, et c'est celui qui touche le plus directement l'exploitation. Elle comprend notamment une mesure à lecture directe de la concentration en dioxyde de carbone de l'air intérieur, effectuée dans les conditions réelles d'occupation des locaux.

Le dioxyde de carbone sert ici d'indicateur de renouvellement d'air : il est produit par les occupants, et sa concentration renseigne sur la capacité du bâtiment à évacuer l'air vicié. Une concentration élevée dans une salle occupée signale un renouvellement insuffisant, indépendamment de la présence d'autres polluants.

Ce que l'évaluation révèle, en pratique, tient rarement à un défaut de conception. Ce sont plus souvent des bouches obstruées, des grilles condamnées, des débits jamais rééquilibrés depuis la mise en service, ou une centrale de traitement d'air dont les filtres ne sont pas remplacés au bon rythme. Autant de points qui relèvent de la maintenance des CTA et des réseaux aérauliques, pas d'un programme de travaux.

Ce que cela change pour la ventilation et sa maintenance

Le principal changement est de rythme : une obligation annuelle transforme la ventilation en sujet suivi, là où elle était souvent traitée par campagnes espacées. Un écart constaté lors d'une évaluation doit être corrigé avant la suivante, faute de quoi il se reconduit et s'installe dans l'historique de l'établissement.

Quatre réflexes rendent l'exercice tenable dans la durée.

  1. 1Recenser les moyens d'aération réellement présents, y compris les ouvrants, et vérifier qu'ils sont accessibles et manœuvrables.
  2. 2Caler le préventif de la ventilation sur le calendrier de l'évaluation annuelle, plutôt que sur un cycle indépendant.
  3. 3Traiter les écarts relevés dans la foulée, et non au moment de préparer l'évaluation suivante.
  4. 4Conserver la trace des interventions, pour que le plan d'actions s'appuie sur des faits et non sur des souvenirs.

Pour aller plus loin : la maintenance CVC en bâtiment tertiaire, obligations et méthodes.

Questions fréquentes sur la qualité de l'air intérieur

Quels établissements sont soumis à la surveillance de la qualité de l'air intérieur ?

L'article R221-30 du code de l'environnement énumère six catégories, publiques comme privées. Trois sont concernées depuis le 1er janvier 2023 : les établissements d'accueil collectif d'enfants de moins de six ans, les accueils de loisirs, et les établissements d'enseignement ou de formation professionnelle du premier et du second degré. Trois autres le sont à partir du 1er janvier 2025. L'obligation pèse sur le propriétaire ou, si une convention le prévoit, sur l'exploitant. Le dispositif ne couvre pas l'ensemble des établissements recevant du public.

Que contient l'évaluation annuelle des moyens d'aération ?

Elle porte sur les moyens d'aération du bâtiment et comprend notamment une mesure à lecture directe de la concentration en dioxyde de carbone de l'air intérieur. Réalisée chaque année, elle sert à vérifier que les dispositifs de renouvellement d'air sont présents, accessibles et fonctionnels dans les conditions réelles d'occupation.

Depuis quand ces obligations s'appliquent-elles ?

Le décret n° 2022-1690 du 27 décembre 2022 est entré en vigueur le 1er janvier 2023. Il prévoyait que la première évaluation annuelle des moyens d'aération soit réalisée au plus tard en 2024. Le cycle est ensuite annuel.

Tous les quatre ans, qu'est-ce qui est demandé en plus ?

Un autodiagnostic de la qualité de l'air intérieur doit être réalisé au moins tous les quatre ans. Il s'ajoute à l'évaluation annuelle des moyens d'aération et vient alimenter, avec la campagne de mesures, le plan d'actions destiné à améliorer la qualité de l'air. Optim Energie intervient sur le volet technique de ce plan, en reprenant les moyens d'aération et les débits.

Quel est le lien avec la maintenance de la ventilation ?

Il est direct : les moyens d'aération évalués chaque année sont ceux que la maintenance entretient, des bouches et grilles jusqu'aux centrales de traitement d'air. Chez Optim Energie, l'entretien des réseaux aérauliques et le suivi des débits sont traités dans le même contrat que le reste du lot CVC, ce qui évite que l'évaluation annuelle ne révèle des écarts jamais corrigés.

Optim Energie · Génie climatique

Vos moyens d'aération tiennent-ils l'évaluation annuelle ?

Recensement des dispositifs, remise en état des réseaux, calage du préventif sur le cycle réglementaire et suivi des écarts. Un interlocuteur dédié, du diagnostic au suivi.

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